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Recommandations de base: Résumé des soins d’urgence pédiatrique pour professionnels de la santé

Sédation procédurale

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Dernière mise à jour
déc. 2024

Sujet

Sommaire

La sédation sécuritaire et efficace en vue d’une intervention pédiatrique repose sur les mêmes principes que la sédation à n’importe quel âge – un personnel qualifié, un environnement bien aménagé, et la capacité de gérer le patient à tout stade de la sédation. La population pédiatrique présente cependant des vulnérabilités particulières sur le plan physiologique et développemental qui exigent certaines considérations.

L’enfant est souvent craintif pendant la période qui précède la sédation :

  • Offrir un environnement calme et tranquille
  • Offrir une explication simple, des distractions (jeux, musique, vidéos/TV), et/ou de l’imagerie visuelle
  • Permettre à un accompagnant ou membre de la famille de rester au chevet de l’enfant pendant la sédation et, si possible, pendant la procédure

Évaluation Du Risque Avant La Sédation

L’équipe de sédation doit être prête à intervenir à tout moment et réanimer le patient.1,4 Dépister les facteurs de risque à l’aide d’une histoire ciblée avant la sédation. Les suivants sont associés à des évènements respiratoires indésirables, à moins d’indication contraire.

  • Nourrisson d’âge < 12 mois; considérer fortement la discussion pré-procédurale avec le Centre de référence pédiatrique
  • Obésité (indice de masse corporelle ≥ 95e percentile)
  • Asthme actif ou infection des voies respiratoires supérieures dans les 2 dernières semaines
  • Ronflements ou apnée du sommeil
  • Procédures impliquant le pharynx postérieur
  • Opioïdes – l’administration d’opioïdes dans les 30 minutes avant la sédation est associée à la désaturation en oxygène et aux vomissements

ÉVITER la sédation procédurale si le patient est classifié ASA ≥ 3 (critères de l’American Society of Anesthesiologists), si l’examen révèle des anomalies respiratoires/crâniofaciales à risque élevé, et/ou si la procédure est liée aux voies respiratoires.2 Consulter le Service d’anesthésie et/ou le Centre de référence pédiatrique si le patient présente des facteurs de risque pour l’aspiration pulmonaire (ex. âge < 12 mois, obésité ≥ 95e percentile, ASA ≥ 3, procédure impliquant les voies respiratoires supérieures).

NE PAS retarder la sédation uniquement en raison du temps à jeun. La recherche sur de grandes cohortes à l’urgence ne démontre aucune association entre la durée de jeûne et les évènements indésirables liés à la sédation.3

Préparatifs Pour La Sédation

  • Obtenir le consentement éclairé indiquant les risques, bénéfices, et alternatives
  • Standardiser l’organisation des espaces : capnographie, oxymétrie de pouls, surveillance de la fréquence cardiaque (FC) et de la tension artérielle (TA)
  • S’assurer de la disponibilité de l’équipement de taille appropriée en vertu des voies respiratoires orales/nasopharyngées, des tubes endotrachéaux, et des médicaments de secours
  • Connecter et tester le masque avec réservoir et la succion avant de commencer la sédation
  • S’assurer que le personnel présent ait l’expertise de détecter un évènement indésirable et de réanimer s’il y a lieu (ex. désaturation en oxygène, apnée, obstruction des voies respiratoires, laryngospasme, évolution d’une sédation plus profonde que prévue).
  • Revoir les valeurs de référence en fonction de l’âge pour la fréquence respiratoire (FR), FC, et TA
  • Placer le patient en position neutre de reniflement (+/- serviette roulée sous les épaules)
  • Prendre un moment (« timeout ») juste avant la procédure (ex. confirmer l’identité du patient, son poids, l’endroit et le plan de la procédure; rassembler tous les médicaments et fournitures/équipements nécessaires)

Pendant La Sédation

  • Un des professionnels de la santé sera responsable de surveiller/réanimer le patient et le 2e effectuera la procédure
  • Monitoring :
    • Sédation légère : en continu, l’oxymétrie de pouls et la FC; documenter la TA aux 15 minutes
    • Sédation modérée : en continu, capnographie et oxymétrie de pouls; documenter FC, FR, et TA aux 5 minutes
  • Administrer les médicaments de sédation en fonction du poids (en kilogrammes)
  • Reconnaitre et traiter précocement les évènements indésirables afin de prévenir des interventions plus importantes

Médicaments

La kétamine est l’agent le plus communément utilisé et recommandé pour la sédation pédiatrique à l’urgence :

  • Accorde les meilleures conditions procédurales avec le moins d’évènements indésirables (médicament le plus sécuritaire)
  • Comporte le plus faible risque de ventilation à pression positive par rapport aux autres médicaments parentéraux seuls ou en combinaison

Sédation/dissociation profonde pour interventions douloureuses majeures

(ex. réduction orthopédique, débridement de brûlures)

Médicament(s)

Dose

Commentaires/Précautions

Kétamine

IV: 1-2 mg/kg/dose, bolus lent (MAX dose 50 mg). Répétable : 0,5-1 mg/kg/dose, q5-15min PRN (risque augmenté d’évènements indésirables > 3 mg/kg).

IM: 4-5 mg/kg/dose (MAX dose 200 mg). Répétable : 2-2,5 mg/kg/dose (MAX 100 mg) après 5-10 min PRN x 1.

  • Ne pas utiliser pour le nourrisson d’âge < 3 mois ou si psychose connue ou suspectée
  • Risque augmenté de laryngospasme si asthme actif, infection des voies respiratoires supérieures et/ou procédure au pharynx postérieur
  • Vomissements fréquents; considérer l’ondansétron préprocédure chez l’enfant d’âge ≥ 5 ans
  • L’agitation importante au réveil est rare (< 1 %)
  • Possibilité de récupération prolongée avec kétamine IM

Kétamine + Propofol

Kétamine – IV: 0,5 mg/kg/dose, bolus lent (MAX dose 50 mg). Répétable 0,5 mg/kg/dose, q5–15min PRN. MAX total usuel : le moindre de 2 mg/kg ou 100 mg.

Propofol – IV: 0,5–1 mg/kg/dose, bolus lent (MAX dose 100 mg). Répétable 0,5–1 mg/kg/dose, q3min PRN. MAX total usuel : 5 mg/kg.

  • Expertise avancée requise pour les voies respiratoires; réflexes respiratoires protecteurs non maintenus, considérer le patient et les facteurs de risque pour la procédure en évaluant le risque d’aspiration
  • Moins de vomissements qu’avec la kétamine seule

FentaNYL + Propofol

FentaNYL – IV: 1 mcg/kg/dose, bolus lent (MAX dose 50 mcg). Répétable 0,5–1 mcg/kg/dose, q5min PRN. MAX total usuel : le moindre de 2 mcg/kg ou 200 mcg.

Propofol – IV: 1 mg/kg/dose, bolus lent (MAX dose 100 mg). Répétable 0,5 mg/kg/dose, q3min PRN. MAX total usuel 5 mg/kg. 

  • Expertise avancée requise pour les voies respiratoires; réflexes respiratoires protecteurs non maintenus, considérer le patient et les facteurs de risque pour la procédure en évaluant le risque d’aspiration

Sédation minimale/modérée pour interventions douloureuses mineures (ex. réparation de lacération)

Midazolam +/- FentaNYL

Midazolam – IntraNASAL: 0,3-0,5 mg/kg/dose (MAX 10 mg ou 1 mL/narine).

Fentanyl – IntraNASAL: 1,5 mcg/kg/dose (MAX 100 mcg, ou 1 mL/narine).

  • Par voie intranasale, de préférence
  • 50 % de la dose dans chaque narine; utiliser un atomiseur pour faciliter l’absorption (MAX 1 mL/narine)
  • Utiliser le midazolam concentré (5 mg/mL)
  • Le midazolam intranasal cause des brûlures. Administrer le fentanyl d’abord, si les deux sont utilisés

DexmédéTOMidine

IntraNASAL: 2–4 mcg/kg/dose (MAX 200 mcg).

  • Ne pas utiliser si le patient a un bloc cardiaque ou un trouble rénal ou hépatique, ou s’il prend des bêta-bloquants
  • 50 % de la dose dans chaque narine; utiliser un atomiseur pour faciliter l’absorption (MAX 1 mL/narine)
  • Délai d'action 30 min, durée 60-90 min
  • Pour les lacérations, nettoyer la plaie au moment de l’administration intranasale; allouer assez de temps avant la réparation pour permettre à l’analgésique topique de faire effet

Protoxyde d'azote

Minimum 50–70 % à l’oxygène; administrer en continu ou par valve à la demande. 

  • Ne pas utiliser si crise d’asthme, fibrose cystique, présence anormale d'air/gaz (ex. occlusion intestinale, pneumothorax), état de conscience altéré, premier trimestre de grossesse

Sédation modérée/profonde pour les interventions indolores (ex. imagerie)

Propofol

IV: 0,5 mg/kg/dose q3 min PRN, bolus lent (MAX dose 100 mg). MAX total usuel : 5 mg/kg.

  • Expertise avancée requise pour les voies respiratoires; réflexes respiratoires protecteurs non maintenus, considérer le patient et les facteurs de risque pour la procédure en évaluant le risque d’aspiration

Midazolam

IntraNASAL: 0,3–0,5 mg/kg/dose (MAX 10 mg ou 1 mL/narine) x 1.

IV: 0,05–0,1 mg/kg/dose (MAX 5 mg) x 1.

  • 50 % de la dose dans chaque narine; utiliser un atomiseur pour faciliter l’absorption (MAX 1 mL/narine)
  • Utiliser le midazolam concentré (5 mg/mL)
  • Certaines études suggèrent que le pré-traitement avec la lidocaïne 2 % ou 4 % 0,2 mL dans chaque narine 5 min avant le midazolam pourrait diminuer l’irritation
  • Ne contrôle pas complètement les mouvements; administrer au chevet dans la salle d’imagerie car tout mouvement pourrait réveiller le patient

Soins Post-Sédation

  • Surveiller le patient jusqu’à ce qu’il puisse reprendre ses activités habituelles, selon son stade de développement
  • La douleur peut persister une fois le sédatif dissipé. Considérer l’administration précoce d’un analgésique par voie orale et/ou d’un adjuvant topique. Voir les Recommandations TREKK/EIIC – Douleur procédurale.

L’information portant sur le dosage et l’administration des médicaments est à jour en date de la rédaction du présent document. Veuillez consulter le formulaire/protocole de votre hôpital ainsi que les règlements de votre juridiction pour de plus amples renseignements. Pour la liste complète des références et des membres de l’équipe de développement, voir la page suivante.

Équipe de développement

Un grand merci aux spécialistes qui ont contribué au contenu et à l’élaboration de cette ressource.

Maala Bhatt, MD, MSc, FRCPC Director of Emergency Research, Children’s Hospital of Eastern Ontario (CHEO); Associate Professor of Pediatrics, University of Ottawa

Corrie Chumpitazi, MD, MS, FAAP, FACEP Chief, Pediatric Emergency Medicine; Professor of Pediatrics Duke University School of Medicine; Member Duke Clinical Research Institute

Danica Irwin, BSc.Phm Pharmacist, Children’s Hospital of Eastern Ontario (CHEO)

Tracy Furst Pharmacist, HSC Children’s Hospital Winnipeg

Nous tenons à remercier le Comité éditorial TREKK, l’editrice Dre Sarah Reid (CHEO), et les individus du programme EIIC KEAP pour leur support éditorial et leur expertise au développement de cette ressource. Merci également aux personnes suivantes qui ont coordonné et encadré ce projet :

Robin Goodman, MSN, RN, CPEN Project Manager, EIIC Knowledge Management Domain

Mona Jabbour, MD, MEd, FRCPC TREKK Co-Director, Associate Professor, Pediatrics and Emergency Medicine, University of Ottawa; Children’s Hospital of Eastern Ontario (CHEO)

Mary Anne Nurmi, Ms TREKK Knowledge Broker

Mark Vasquez, MHA/MBA, PMP EIIC Knowledge Broker

Danielle Buch, BSc, BA Rédactrice médicale et scientifique, Traduction française TREKK BLR, PedsPac, Chargée de cours, Université de Montréal

Références clé

(citée dans les Recommandations de base sur la Sédation Procédurale):

  1. Bhatt M, Johnson DW, Chan J, et al. Risk factors for adverse events in emergency department procedural sedation for children. JAMA Pediatr. 2017;171(10):957-964.
  2. Green SM, Leroy PL, Roback MG, et al. An international multidisciplinary consensus statement on fasting before procedural sedation in adults and children. Anaesthesia. 2020;75(3):374-385.
  3. Green SM, Roback MG, Krauss BS, et al. Unscheduled procedural sedation: A multidisciplinary consensus practice guideline. Ann Emerg Med. 2019 May;73(5):e51-e65.
  4. Coté, C. J., & Wilson, S. (2019). Guidelines for monitoring and management of pediatric patients before, during, and after sedation for diagnostic and therapeutic procedures. Pediatrics, 143(6).

Référentiel médical

Pour consulter la liste complète des données probantes ayant éclairé l’élaboration des Recommandations de base sur Sédation procédurale, consultez le Référentiel des données probantes ici.

Avis de non-responsabilité

Le but du présent document est de fournir aux professionnels de la santé les faits et recommandations clés la prise en charge de la pneumonie communautaire chez l’enfant au Service de l’urgence. Le réseau TREKK ne sera pas responsable des pertes, demandes d’indemnisation, dettes, coûts ou obligations liés à l’utilisation du présent document, y compris des pertes ou dommages découlant des réclamations d’une tierce partie. CE DOCUMENT EST SUJET À L’AVIS COMPLET DE NON-RESPONSABILITÉ: trekk.ca/fr/terms-of-use

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