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Recommandations de base: Résumé des soins d’urgence pédiatrique pour professionnels de la santé

Peur et anxiété procédurale

Développé par:Samina Ali (University of Alberta), Naveen Poonai (Schulich School of Medicine & Dentistry Scientist, Child Health Research Institute), Kathryn Birnie (University of Calgary), Erin Field (Parent Partner), Quinn Quatember (Youth Partner)

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Dernière mise à jour
mars 2026

Sujet

Sommaire

La peur et l’anxiété avant et pendant les procédures médicales est fréquente chez les enfants et les jeunes : deux-tiers disent avoir peur des aiguilles et 10% en ont une phobie.1 Vu que près de la moitié des patients pédiatriques à l’urgence seront appelés à endurer des procédures douloureuses (ex. pose de voie intraveineuse (IV), prélèvements sanguins, cathétérismes, points de suture), il est essential d’adresser cette peur. La douleur procédurale est complexe, avec des éléments à la fois physiques et psychologiques.2 Si la prise en charge de l’un ou l’autre est inadéquate, cela augmentera le risque d’anxiété à l’avenir pouvant mener à l’évitement des soins de santé à l’âge adulte. Une prise en charge optimale augmentera les chances de succès à présent et à l’avenir.3 Ce document complémente les Recommandations de base TREKK – Prise en charge de l’anxiété, en ciblant les procédures médicales.

Évaluation des besoins et des risques

  • Avant la procédure, demander à TOUT patient et à la personne qui l’accompagne de relater leurs expériences procédurales antérieures; ensuite, discuter avec eux les options contre la douleur et l’anxiété.
  • Observer les comportements et les réactions verbales et non verbales. La peur et l’anxiété peuvent se traduire par des comportements externalisés (pleurs, cris, agitation) ou internalisés (stoïcisme, retrait).
  • Réaliser que la personne accompagnante pourrait aussi manifester de la peur/anxiété. Ceci dit, ils sont une source de support pour le patient et devraient être impliqués tant qu’eux et le patient le désirent.
  • Appliquer les principes de soins tenant compte des traumatismes (ex. sécurité, confiance, transparence, collaboration, autonomisation, et choix). Une procédure mal gérée pourrait être traumatisante.
  • Reporter les procédures non urgentes jusqu’à ce que les supports appropriés soient mis en place; ex. transfert au Centre de référence pédiatrique ou l’arrivée d’un spécialiste en milieu de vie pédiatrique (« child life specialist »), si disponible.
  • Considérer tout autre facteur qui puisse influencer l’anxiété et/ou la détresse du patient (ex. faim, heure).
  • Prévenir et traiter la douleur avec des interventions médicamenteuses, physiques, et psychosociales. La douleur et la peur/détresse sont étroitement liées et le fait de traiter l’un soulage souvent l’autre. Voir les Recommandations de base TREKK – Douleur procédurale.
  • Si la sédation légère est envisagée, compléter d’abord une évaluation détaillée. Voir les Recommandations de base TREKK – Sédation procédurale.

À ÉVITER

  • Minimiser, ignorer et/ou critiquer le comportement de l’enfant ou de l’adolescent.
  • Idées préconçues quant au patient et à son expérience/expression de l’anxiété procédurale (ex. âge, antécédents médicaux, sexe/genre, culture, ethnicité, capacités verbales ou cognitives, condition médicale).

Interventions physiques et psychosociales

  1. Utiliser les supports disponibles; ex. spécialiste en milieu de vie pédiatrique.
  2. Agir comme partenaires. Élaborer un plan avec le patient et l’accompagnant. S’assurer que tous aient un rôle actif dans l’implantation des stratégies d’adaptation (« coping »); ex. position de confort, distraction.
  3. Ne jamais restreindre l’enfant physiquement. Si l’enfant ne peut cesser de bouger, il vaut mieux prendre une pause et reconsidérer les stratégies de coping. Le fait de restreindre pourrait avoir un effet traumatisant et occasionner l’évitement des soins de santé à l’avenir. Suggérer une meilleure position, plus confortable; ex. sur les genoux de l’accompagnant, un gros câlin.
  4. Essayer de distraire : soit format électronique (téléphone, tablette, émission) ou soit autre chose (livres genre C’est moi l’espion [I Spy], bulles, musique, conversation).
  5. Encourager le positif et le moment présent; ex. respirations profondes, « Je peux le faire ».
  6. Se renseigner sur les pratiques culturelles appropriées; ex. traditions et prières autochtones.
  7. Offrir un environnement calme; ex. lumière tamisée, peu de bruit, lieu intime, une personne à la fois.
  8. Parler de façon claire, honnête, et encourageante avant, pendant, et après la procédure. Décrire ce qui va se passer, l’odeur, la sensation, le bruit. Encourager le coping. Relater ce qui a bien été fait.
  9. Offrir des choix appropriés et réalistes. S’assurer du consentement et de l’assentiment, même si l’enfant est anxieux. Si possible, modifier les procédures pour réduire la détresse (ex. emplacement IV).
  10. Utiliser la tension musculaire appliquée si le patient est à risque de s’évanouir : lui dire de contracter les bras/jambes/tronc 10-15 sec. jusqu’à sensation de chaleur à la tête, puis relaxer 20-30 sec. Répéter 5x.

Interventions médicamenteuses

Toutes les recommandations ci-dessous visent une dose UNIQUE d’un SEUL médicament, pour un enfant d’âge 6 mois et plus. La surveillance sera guidée par l'état initial et l'évolution clinique (voir Surveillance ci-dessous).

Pour l’administration intranasale :

  • Utiliser un atomiseur intranasal pour améliorer l’administration et l’absorption du médicament
  • Répartir la dose entre les deux narines; volume maximal 1 mL/narine
  • Utiliser la forme la plus concentrée du médicament injectable :
    • midazolam 5 mg/mL, kétamine 50 mg/mL, dexmédétomidine 100 mcg/mL.

Médicament et voie d’administration

Dose

Commentaires/Précautions

Midazolam IntraNASAL

0,4-0,5 mg/kg/dose (MAX 10 mg/dose)

  • Voie intranasale de préférence action plus rapide, taux de sédation responsable de l’enfant plus élevé, et meilleure satisfaction de la part du que le midazolam par voie orale.4
  • Le midazolam intranasal peut irriter les muqueuses nasales.
  • Délai d’action d’action   : 5-10 minutes. Durée   : 20-30 minutes.

Midazolam ORAL

0,5 mg/kg/dose (MAX 20 mg/dose)

  • Moins efficace que par voie intranasale.5 Le midazolam oral peut être utilisé pour le patient avec des antécédents d’irritation nasale.
  • Délai d’action : 15-20 minutes. Durée : variable.    

Kétamine IntraNASALE

3 mg/kg/dose (MAX 100 mg/dose)

  • Analgésique en dosage sub-dissociatif (1 mg/kg); sédation légère en dosage plus élevé (3 mg/kg).6
  • Délai d’action jusqu’à : en dedans de 10 minutes. Durée : 60 min.    

DexmédéTOMidine IntraNASALE

3-4 mcg/kg/dose (MAX 200 mcg/dose)

  • Ne pas utiliser si le patient a un bloc cardiaque ou un trouble rénal ou hépatique, ou s’il prend des bêta-bloquants. Évidences émergeantes prometteuses quant à l’utilisation à des fins anxiolytiques à l’urgence.
  • Délai d’action selon l’heure.7 : 20-30 minutes. Durée : variable,    

Protoxyde d'azote (oxyde nitreux) en inhalation

Minimum 5070 % avec   oxygène; administrer en continu ou par valve à la demande

  • Ne pas utiliser si crise d’asthme, fibrose kystique, présence anormale d'air/gaz (ex. occlusion intestinale, pneumothorax), chirurgie abdominale ou thoracique récente, état de conscience altéré, premier trimestre de grossesse.
  • La valve à la demande minimise la sur-sédation et les émissions environnementales. Système de récupération recommandé.
  • Débuter 2-3 minutes avant la procédure. Pendant la procédure, utiliser du niveau d’anxiolyse désiré.8 au besoin Temps de récupération et de dénitrogénation :2-3 minutes suivant la discontinuation.  

Surveillance

  • La dose unique d’un seul médicament (voir ci-dessus) est considérée comme une sédation légère. Surveiller pour la présence d’effets indésirables (ex. nausée, vomissements, étourdissements, bradycardie, hypotension, éruption cutanée) selon les lignes directrices de l’institution, si disponibles.
  • Si les lignes directrices de l’institution ne sont pas disponibles, surveiller la saturation O2 en continu; considérer ajouter la fréquence cardiaque et respiratoire, la capnographie, et la tension artérielle. L’ensemble complet des signes vitaux doit être pris : avant la procédure, au moins une fois en dedans des 30 minutes d’administration du médicament, et avant le congé.
  • Surveiller le patient jusqu’à ce qu’il puisse reprendre ses activités habituelles, selon l’heure de la journée.

Prévention pour l’avenir

  • Si la détresse persiste malgré les techniques ci-dessus, une sédation regroupant plusieurs procédures sera nécessaire. Voir les Recommandationsde base TREKK – Sédation procédurale.
  • Pour l’avenir, référer à un psychologue, un spécialiste en milieu de vie pédiatrique, ou autre professionnel similaire, si disponible, pour développer un plan de coping afin de permettre à la famille d’accéder aux soins de qualité dont ils ont besoin.

Équipe de développement

Un grand merci aux spécialistes qui ont contribué au contenu et à l’élaboration des Recommandations de base sur Peur et anxiété procédurale:

Erin Field
Parent Partner

Quinn Quatember
Youth Partner

Samina Ali, MD, FRCPC
Professor, Department of Pediatrics and Adjunct Professor, Department of Emergency Medicine, University of Alberta

Naveen Poonai, MSC, MD, FRCPC
Professor, Pediatrics, Epidemiology & Biostatistics, Schulich School of Medicine & Dentistry Scientist, Child Health Research  Institute

Kathryn Birnie, PhD RPsych
Associate Professor, Cumming School of Medicine, Department of Anesthesiology, Perioperative and Pain Management, and  Department of Community Health Sciences, University of Calgary

Merci au Comité éditorial TREKK, au Comité consultatif de parents et de jeunes, et à l’éditrice Dre Sarah Reid (CHEO), pour leur  support éditorial et leur expertise au développement de cette ressource. Merci aussi à Megan Bale-Nick, coordinateur de projet, TREKK (Université du Manitoba) qui a encadré ce projet et à Dr Mathieu Vincent, Emergency Medicine Physician, CHU Sainte- Justine, pour avoir revu la traduction

Références clé

(citée dans les Recommandations de base sur Peur et anxiété procédurale) :

  1. Solutions for Kids in Pain (SKIP) Procedural pain management in children and youth: A toolkit for health professionals.  (updated 2023)
  2. Trottier ED, Doré-Bergeron MJ, Chauvin-Kimoff L, Baerg K, Ali S. Managing pain and distress in children undergoing brief  diagnostic and therapeutic procedures. Canadian Paediatric Society. (updated March 20, 2025)
  3. Solutions for Kids in Pain (SKIP) and the Health Standards Organization. Pediatric Pain Management Standard (CAN/HSO 13200:2023):
  4. Tsze DS, Woodward HA, McLaren SH, et al. Optimal Dose of Intranasal Midazolam for Procedural Sedation in Children: A  Randomized Clinical Trial. JAMA Pediatr. 2025;179(9):979–986.
  5. Wang JY, Speechley K, Anderson KK, et al. Intranasal midazolam for procedural distress in children in the emergency  department: a systematic review and meta-analysis. CJEM. 2024;26(9):658-670.
  6. Yeaman F, Oakley E, Meek R, Graudins A. Sub-dissociative dose intranasal ketamine for limb injury pain in children in the  emergency department: a pilot study. Emerg Med Australas. 2013;25(2):161-167.
  7. Poonai N, Spohn J, Vandermeer B, et al. Intranasal Dexmedetomidine for Procedural Distress in Children: A Systematic  Review. Pediatrics. 2020;145(1):e20191623.
  8. Poonai N, Creene C, Dobrowlanski A, et al. Inhaled nitrous oxide for painful procedures in children and youth: a systematic review and meta-analysis. CJEM. 2023;25(6):508-528.

Référentiel médical

Pour consulter la liste complète des données probantes ayant éclairé l’élaboration des Recommandations de base sur Peur et  anxiété procédurale, consultez le Référentiel des données probantes ici.

Avis de non-responsabilité

Le but du présent document est de fournir aux professionnels de la santé les faits et recommandations clés la prise en charge de la pneumonie communautaire chez l’enfant au Service de l’urgence. Le réseau TREKK ne sera pas responsable des pertes, demandes d’indemnisation, dettes, coûts ou obligations liés à l’utilisation du présent document, y compris des pertes ou dommages découlant des réclamations d’une tierce partie. CE DOCUMENT EST SUJET À L’AVIS COMPLET DE NON-RESPONSABILITÉ: trekk.ca/fr/terms-of-use

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